PATRIMOINE FINANCIER DES FRANÇAIS : ÇA MONTE, ÇA MONTE !

BFG Capital

Assurance-vie, livret A, dépôts à vue… l’épargne des Français n’a jamais été aussi élevée. 5367 milliards d’euros ont donc été comptabilisés au 3e trimestre 2019. Manque de confiance ? Conjoncture instable ? Quelles sont les raisons qui poussent les Français à toujours épargner plus ? Et que font-ils de leur argent ? BFG Capital mène l’enquête.

 

Une peur qui ne cesse de croître.

 

D’année en année, les épargnants Français gardent leur statut de “gros épargnants”. Et la raison principale à cela n’est autre que la peur. Et oui, c’est bien connu : les Français épargnent car ils ont peur.

D’après le dernier baromètre de l’épargne et de l’investissement réalisé par l’AMF, 83% des sondés épargnent pour faire face aux dépenses imprévues. Le deuxième motif d’épargne est, à 76%, le fait de pouvoir faire face à des problèmes de santé. Deux tiers des Français craignent également le niveau de leur future retraite, ce qui les pousse à épargner davantage.

Le contexte économico-financier, ou plus dernièrement la propagation du coronavirus, sont autant d’autres motifs de peur qui poussent les Français à mettre de l’argent de côté.

Comme Alireza Gorzin, président de BFG Capital, le répète souvent : “la peur est l’ennemie n°1 de l’épargnant. Les Français ont peur de manquer d’épargne plus tard, mais ne prennent pas le temps de se renseigner davantage sur les placements. S’ils ont peur, qu’ils épargnent ! Mais pourvu qu’ils épargnent en fins stratèges, et avec une hauteur de point de vue nécessaire. Ils passent assurément à côté d’opportunités plus rémunératrices, pourtant disponibles et tout autant accessibles. La peur, au lieu de figer l’épargnant, devrait être pour lui un moteur d’anticipation”.

 

Prudents, ils sont 54% à préférer un placement « qui rapporte peu mais est peu risqué ». Paradoxalement, même si les Français redoutent le risque, ils adorent rêver de leur placement idéal, qui serait bien évidemment sans risque et offrirait une rentabilité de 3%.

 

Une baisse des rendements inutile ?

 

Entre sécurité et rendement, les Français ont tranché : ce sera sécurité !

 

Malgré des rendements très faibles, les Français plébiscitent encore et encore les placements sûrs. Les récentes baisses de taux de rémunération des livrets bancaires sécurisés n’ont, pour le moment, pas changé la donne. Petit rappel, depuis le 1er février 2020, le taux de rémunération du livret A a atteint son plus bas niveau historique, soit 0,5%. Le taux de rémunération de l’assurance-vie, quant à lui, est en moyenne de 1,4%.*

Et pourtant ! La collecte nette du livret A a tellement progressé que son encours a récemment dépassé la barre symbolique des 300 milliards d’euros. En ce qui concerne l’assurance-vie, le placement reste cette année encore, le “chouchou” des Français. De la même manière que le livret A, sa collecte a également bien augmenté ces derniers mois. Son encours a même atteint un nouveau record : 1,789 milliards d’euros ! D’après les dernières données de la Banque de France, l’assurance-vie représente, seule, près de 40% du patrimoine financier des ménages.

Le gouvernement a pourtant mis en place des mesures visant à dissuader les épargnants de trop mettre de côté. Malgré ces efforts pour inverser la tendance, les Français n’ont jamais détenu autant de liquidités.

Petite victoire tout de même, même si l’assurance-vie en euros reste évidemment ce que les Français préfèrent, les investissements en unités de compte présentent quelques améliorations. Comme le souligne Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne : “la part des unités de compte est passée de 24% à 34% entre septembre et janvier.

Si cela est encore timide, c’est un point positif pour les autorités et acteurs financiers !

 

Le compte courant, ce nouveau placement privilégié… à 0%…

 

À fin septembre 2019, 603,8 milliards d’euros “dormaient” dans des comptes courants, sans rien rapporter à leurs propriétaires. C’est quasiment 11,25% du patrimoine financier des Français ! Selon les derniers chiffres publiés par la Banque de France, sur une seule année, l’encours des comptes de dépôts et d’argent liquide a augmenté de 53 milliards d’euros. En dix ans, celui-ci a quasiment doublé. Rappelons-le, ces comptes courants ne rapportent absolument rien de plus aux épargnants, si ce n’est la liquidité.

Pour Alireza Gorzin, le constat est sans appel : “Il y a ceux qui connaissent les placements et savent que l’épargne ne doit rester qu’une épargne de précaution, et à l’inverse, ceux qui ont une culture F** assez peu ancrée, et qui continuent de penser que les livrets bancaires sont des investissements.

Cette culture d’épargne à outrance peut, sur le long terme, mettre à mal la situation économique du pays et, ainsi, agir comme un cercle vicieux : plus les Français épargnent, plus l’économie du pays est fragilisée. Plus l’économie nationale est fragile, plus les Français ont peur. Et ainsi de suite… “Malheureusement, les entreprises en pâtissent car l’épargne ne finance que très peu le capital des entreprises. Les investisseurs institutionnels sont également affaiblis et les épargnants ne profitent même plus de leurs efforts, tant leur épargne ne leur rapporte rien”, ajoute Alireza Gorzin.

 

Avec le contexte politique actuel, les grèves, ou encore le Coronavirus, il est évident que les Français vont chercher à se rapprocher encore plus de la sécurité. Devons-nous nous attendre à de nouveaux records d’épargne ? C’est fort possible. En tout cas, le patrimoine financier, lui augmente.

 

*1,4% : moyenne provisoire établie sur les fonds en euros des contrats commercialisés

** Culture F : Culture Financière